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03/02/2009

La flibansérine: le viagra de la femme

La flibansérine, une nouvelle molécule testée aux Etats-Unis, est censée faciliter le désir et le plaisir féminins. Mais à qui prescrire ce que certains vantent déjà comme le premier véritable stimulant sexuel pour les femmes ? La polémique est lancée.

Un médicament qui stimule la libido féminine pourrait être sur le marché dès cette année. Cette révolution suscite déjà la polémique.

«Chérie, tu viens te coucher ?Attends, je prends ma flibansérine.» Voilà ce qu'on entendra peut-être murmurer dès cette année. La flibansérine, dernière-née du laboratoire allemand Boehringer Ingelheim, pourrait en effet bien s'inscrire dans l'histoire de la pharmacopée comme le premier stimulant du désir sexuel féminin. Une révolution, à l'instar de l'arrivée, en 1998, du Viagra pour les hommes !
Des tests sont menés actuellement sur 5000 femmes aux Etats-Unis, en Europe et au Canada. Si les résultats annoncés pour le courant de l'année sont satisfaisants, la mise sur le marché pourrait survenir dans la foulée. Il était temps, disent certains : «De nombreuses femmes ont de grandes difficultés à accéder facilement au désir et au plaisir, constate Philippe Brenot, psychiatre et directeur d'enseignement en sexologie à l'université Paris-V. Et, pour l'instant, nous n'avons pas de médicament à leur proposer.»
Ca ne devrait donc plus tarder. D'autant que la recherche bat son plein. Pas moins d'une dizaine de molécules sont en expérimentation en Europe ou aux Etats-Unis, la flibansérine figurant en tête de file. Boehringer, laconique, affirme qu'elle stimule «les endroits du cerveau associés aux émotions et au plaisir». Bien que «des recherches [soient] en cours pour mieux connaître le mode d'action», on sait déjà que ce composant agit principalement sur la concentration cérébrale en sérotonine, un médiateur chimique impliqué dans l'anxiété et les émotions. Lors d'une étude menée en 2002, Franco Borsini, chercheur au laboratoire pharmaceutique italien Sigma-Tau, lui prêtait également une action sur les récepteurs de la dopamine, neurotransmetteur intervenant dans le circuit du plaisir ( source: scienceetvie ).


 
Ce stimulateur de libido a bien failli pourtant connaître un tout autre destin. Boehringer l'a d'abord testé au cours des années 1990 contre la dépression. Les Allemands comptaient sur une action rapide de la molécule dans cette indication. Plus rapide que les traitements - Prozac, Deroxat, etc. - sur le marché, ce qui aurait permis de les concurrencer. Or, à la surprise générale, si les résultats contre la dépression n'ont pas été probants, les chercheurs ont observé une action significative sur la libido féminine.


Pour augmenter la libido, les chercheurs testent également des traitements à base de testostérone, car cette hormone joue un rôle important dans le désir sexuel féminin comme masculin. Les femmes fabriquant de la testostérone à partir des ovaires et de la glande surrénale, celles qui ont subi l'ablation des ovaires et de l'utérus déplorent souvent une baisse de libido. Des traitements visant à pallier ce déficit sont déjà sur le marché. Le premier, l'Intrinsa, a été commercialisé en France en 2007 sous forme de patch. Une véritable avancée dans une indication limitée ? «Oui, répond Jacques Buvat, endocrinologue à Lille, président de la Société française de médecine sexuelle. Ce médicament est utile.»
Mais les médecins de la revue Prescrire se montrent beaucoup plus réservés : «Il n'est pas démontré que la testostérone améliore la satisfaction sexuelle des femmes.» De plus, outre des effets secondaires gênants (acné, insomnie, migraine, pousse des poils, prise de poids...), des risques métaboliques, cardio-vasculaires et cancéreux, ne sont pas à exclure. Prescrire met également en garde contre l'association oestrogène et testostérone. «Gare aux traitements hormonaux !», conclut la revue.
Dans les tuyaux des laboratoires, on trouve aussi le GnRH II, équivalent synthétique de la lulibérine, une hormone qui oriente le circuit de la récompense vers le désir sexuel ( source: scienceetvie ).

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