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04/02/2009

Les deux extases sexuelles

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Jean-Claude Piquard, sexologue réputé, explore les fondements du plaisir sexuel. Il publie Les deux Extases sexuelles aux éditions des Presses Libres, où il explique comment une sexualité épanouie ne participe pas seulement de l’orgasme, mais aussi de la jouissance. (Source: lemague.net)


Le MAGue : L’orgasme est une sensation bien caractéristique, mais comment le définir ?

Jean-Claude Piquard : La définition actuelle de l’orgasme se réfère au point culminant du plaisir sexuel. C’est très subjectif, variable selon chaque sujet, donc la définition est trop fluctuante. Or, il est important d’avoir des mots appropriés pour parler de sexualité, notamment dans la transmission de la culture sexuelle entre générations. Ce livre propose une réflexion à la fois innovante et d’actualité. Innovante dans le sens où la sexologie et les médias défendent encore le concept du point culminant. Et d’actualité dans la mesure où la théorie qui est formulée dans ce livre est déjà reconnue et employée par certains. Dans les courriers que j’ai reçus, beaucoup de femmes témoignent que ce livre les a délivrées de l’impossible obligation d’orgasme vaginal et qu’ainsi elles ont pu alors s’abandonner pleinement à leur jouissance.

Le MAGue : Pourquoi faites-vous la distinction entre orgasme et jouissance ?

Jean-Claude Piquard : Jusqu’à présent, la culture sexuelle qui nous a traversés, assigne le sexe de l’homme comme le vecteur de plaisir de la femme. Or, dans les alcôves, l’orgasme est de plus en plus clitoridien. La fonction de la verge en est donc altérée. Nommer la jouissance permet de la réhabiliter, puisque la jouissance en dépend pour partie. Dans les années 1980, la notion de plaisirs différents chez la femme est apparue avec le regrettable concept de femme clitoridienne ou vaginale. L’erreur est dans ou. La plénitude sexuelle met le plus souvent en synergie l’orgasme clitoridien et la jouissance vaginale. Pourquoi le clitoris est-il encore si mal connu et reconnu ? Sur ce point, l’histoire de nos civilisations nous éclaire. Les deux derniers siècles ont été des plus puritains, d’abord avec la prohibition de la masturbation masculine vers 1750. Le clitoris était plutôt bien connu car il avait un rôle supposé dans la procréation. Vers 1850, on découvre l’ovule, le clitoris perd sa représentation reproductrice. Alors commence en Occident une véritable excision psychique qui s’étend jusqu’en… 1968 ! Dans ce livre, j’aborde les différents aspects de l’histoire de notre sexualité.

Le MAGue : Atteindre l’orgasme ne serait donc plus une condition nécessaire et suffisante pour parvenir à l’extase ?

Jean-Claude Piquard : Chez l’homme, l’orgasme est essentiellement lié à l’éjaculation, c’est un moment court, avec des contractions rythmées au niveau du bassin mais aussi des spasmes sur l’ensemble du corps, parfois jusqu’au visage, accompagné d’une explosion du plaisir, le tout induisant une résolution de la tension sexuelle. L’équivalent pour la femme est essentiellement l’orgasme clitoridien. Mais alors, comment parler et nommer l’immense plaisir vaginal, plaisir qui monte progressivement, qui ondule parfois, dure longtemps, qui ne génère pas de contractions vaginales réflexes ni de spasmes sur l’ensemble du corps ? Nous proposons de le nommer jouissance. Celle-ci est essentiellement vaginale, varie progressivement en intensité, avec souvent une forte implication émotionnelle. Il y a des pics de jouissance, avec un plaisir immense mais sans contractions réflexes sur le corps.

Le MAGue : Inversement, accéder à la jouissance ne permet-elle pas plus l’entière satisfaction de sa vie sexuelle en l’absence d’orgasme ?

Jean-Claude Piquard : L’orgasme explose, résout la tension sexuelle dans une acmé de plaisir. Il est déclenché essentiellement par une stimulation du gland ou du clitoris, qui ont la même origine embryonnaire. L’homme connaît généralement très tôt l’orgasme par la masturbation. Il risque d’être hypnotisé par son orgasme. Pour progresser dans sa vie sexuelle, il doit aller à la rencontre de sa propre jouissance. Ce qui demande un minimum de maîtrise, car chez lui, le gland demeure au centre du va-et-vient, contrairement à la femme dont le clitoris est juste à côté. Une femme qui ne connaît que la jouissance peut se sentir mal à l’aise à la fin du rapport sexuel. Elle ne comprend pas pourquoi, après tant de plaisir, elle demeure insatisfaite. En fait, il lui manque la résolution de la tension sexuelle que procure l’orgasme clitoridien. Certaines en arrivent même à ne plus faire l’amour, alors qu’elles y trouvent du plaisir, pour éviter cette inexplicable sensation de rester sur sa faim, d’autant plus si l’homme s’endort, repu.(Source: lemague.net)

03:13 Publié dans sexe | Lien permanent | Commentaires (0)

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