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20/03/2009

15% des jeunes font l'amour sans en avoir envie

L'étude complète de 224 pages relative à « La violence dans les relations amoureuses chez les jeunes âgés de 12 à 21 ans », menée en Communauté française vient de paraître. La synthèse de cette étude est diffusée depuis novembre 2007 au sein de la Revue « Faits & Gestes » n° 23 « Amour et violence chez les jeunes ».
46 % des jeunes vivent mal que leur partenaire amoureux leur refuse des baisers 
34 % des jeunes vivent mal que leur partenaire amoureux leur refuse des caresses 
20 % des jeunes ont des difficultés à refuser de faire l'amour 
82 % des jeunes filles et 68 % des jeunes gens trouvent inacceptable d'insister pour faire l'amour si l'autre n'a pas envie (75 %)
42 % des jeunes pensent qu'avec beaucoup d'amour, on peut arriver à changer l'autre 
38 % des jeunes pensent que la jalousie est une preuve d'amour 
71 % des jeunes exigent de savoir avec qui et où est leur petit ami / petite amie 
54 % des jeunes empêchent leur petit ami/petite amie de parler à d'autres garçons/filles


La lutte contre les violences faites aux femmes fait partie intégrante des objectifs du Programme d'action du Gouvernement de la Communauté française pour la promotion de l'égalité femmes-hommes, de l'interculturalité et de l'inclusion sociale. Ce phénomène, bien qu'abordé sous plusieurs angles chez les adultes, reste méconnu lorsqu'il s'agit des relations amoureuses des jeunes. La Direction de l'Égalité des Chances du Ministère de la Communauté française a dès lors commandité deux études destinées, d'une part, à évaluer l'ampleur et les différentes manifestations de la violence entre jeunes partenaires et, d'autre part, à compléter l'analyse de cette problématique sous l'angle du genre. Par violence, elle entend la violence verbale, morale ou psychologique, la violence physique et la violence sexuelle. Etant donné la complexité du sujet, encore tabou, et touchant à l'intimité des jeunes, les chercheurs ont recouru à trois phases d'enquêtes : des enquêtes en face-à-face auprès de professionnels ; des groupes de discussion avec des jeunes ; enfin une phase de 608 enquêtes on-line auprès de jeunes âgés de 12 à 21 ans. Parce que la violence est rarement identifiée comme telle par les jeunes, sauf dans les cas extrêmes de violence sexuelle ou physique (image de la « femme battue »), l'étude a été présentée auprès des jeunes comme portant sur leurs relations amoureuses. Il s'agit de la première étude de ce type en Europe.
Résultats de l'étude :
Principaux chiffres :
9 jeunes sur 10 affirment avoir été victimes d'actes qui relèvent de la violence dans leurs relations amoureuses (91 %), principalement de la violence verbale, psychologique ou morale.
32 % en sont victimes toujours ou souvent o 59 % quelques fois ou rarement
15 % des jeunes disent accepter de faire l'amour alors qu'ils/elles n'en ont pas envie.
Près de trois quarts des jeunes (72 %) ont eu une expérience de la violence en tant qu'auteur, dont 15 % dans des situations fréquentes (toujours ou souvent).
Principaux commentaires :
Les auteurs :
Les garçons expriment davantage leur violence sur un « mode majeur » (65% versus 35% pour les filles).
Cette différenciation sexuée va se renforcer avec l'âge :
pour les 18-21 ans, 9% des jeunes hommes (près d'1 sur 10) commettent des faits de violence sur un « mode majeur » o Tandis que seulement 2% des jeunes femmes (près d'1 sur 50) de cette même catégorie y auront recours.
Par contre, même si la différence est moindre, les filles expriment plus leur violence en « mode mineur » (55% pour les filles et 45% pour les garçons).
L'âge va également renforcer progressivement le poids des agissements violents en « mode majeur » lors d'une relation amoureuse.
En termes « d'intentions » ou de « types d'expression de la violence », selon les résultats de l'analyse complémentaire :
les garçons recourent proportionnellement plus à des violences physiques et des agissements de domination, 
les filles recourent davantage à des actes de déni et de manipulation.
Les victimes :
Les tendances sont identiques, les écarts étant toutefois moins marqués.
La victimisation sur un « mode mineur » touche autant les filles que les garçons (ordre de grandeur des 50/50), ? La victimisation sur un « mode majeur » va davantage toucher les filles (56 %) que les garçons (44 %).
Victimes et auteurs :
78 % des jeunes qui se disent victimes, se déclarent également auteurs de violence (dont 16 % souvent ou toujours). ? 99 % des auteurs se disent également victimes. ? Seul un jeune sur cinq n'est que victime et n'a jamais commis de violence au sein de sa relation amoureuse (22 %).
Réactions effectives vs réactions supposées :
On remarque un décalage important entre la manière dont le jeune pense réagir et la manière dont il/elle réagit réellement quand il se trouve dans une situation de violence.
A qui se confient-ils ?
Ils en parlent majoritairement avec leur partenaire (entre 36 et 60% selon l'âge) ? Ils en parlent à des amis (entre 16 et 26%) ? Quasi jamais auprès d'un centre PMS ou d'un planning (entre 1 et 2%) ? Ils ne font rien (entre 2 et 31%)
Quelles violences ? :
Les quatre situations de violence principalement évoquées par les jeunes :
Le/la partenaire exige de savoir avec qui et où on est (71 %) o Il/elle cesse de parler ou refuse de discuter (55 %) o Il/elle empêche de parler à d'autres filles/garçons (54 %) o Il/elle critique et dévalorise sa/son partenaire (53 %)
29 % des jeunes connaissent quelqu'un qui est violent physiquement avec sa/son partenaire.
Les situations liées à la violence physique telles que « te pousse, te gifle, te bouscule, casse tes affaires, déchire tes vêtements, te menace avec un objet » concernent près d'un jeune sur sept (de 3% à 14 %)
Violence sexuelle :
34 % des jeunes ont du mal à accepter que leur partenaire refuse des caresses, 17 % à accepter que leur partenaire refuse de faire l'amour.
Les mythes ont la peau dure :
38 % des jeunes pensent que « la jalousie est une preuve d'amour » ; mythe d'autant mieux intégré lorsqu'ils/elles vivent de la violence.
 51 % des jeunes pensent qu'« avec beaucoup d'amour, on peut arriver à changer son/sa partenaire ».
L'entièreté de l'étude ainsi que sa synthèse sont téléchargeable sur le site Internet de la Direction de l'Egalité des Chances : www.egalite.cfwb.be.

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