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06/04/2009

L’influence de la porno graphie

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L’idée de devoir être performant au lit demeure bien ancrée dans les mœurs. Hommes et femmes pensent la sexualité de manière totalement différente. Pour Michel Amand, sexologue et président de la Société des sexologues universitaires de Belgique (SSUB), l’homme pense qu’il faut juste “appuyer sur un bouton” alors que pour la femme, le contexte, l’environnement et les circonstances sont étroitement liés à la sexualité. D’où les nombreux malentendus.
La sexualité est-elle toujours aussi taboue ?
“Non, aujourd’hui, on parle assez spontanément de la sexualité et l’on vient facilement consulter. Il y a ceux qui viennent parce qu’ils ne veulent pas aller chez le psy, les couples, et ceux qui arrivent avec une demande très claire. Quand il y a un problème au sein d’un couple, notre rôle est de déconstruire les malentendus pour reconstruire quelque chose entre eux car les hommes et les femmes voient la sexualité de manière totalement différente.”


Les mentalités ont-elles changé avec le temps ?
“Oui. Dans le temps, les couples erraient pendant des années, avaient peur de consulter. Aujourd’hui, j’ai des couples qui ont 20 ans et se connaissent depuis quatre semaines qui viennent me voir.”
À quoi la perte de désir, problème fréquent chez la femme, est-elle liée ?
“Bien souvent, c’est une question d’histoire. Un passé traumatisant qui peut refaire surface ou une situation actuelle qui engendre une perte de désir, comme l’arrivée d’un enfant. La femme se sent alors davantage mère que partenaire et elle considère son appareil génital comme ce qui procrée et non plus comme ce qui donne du plaisir. La femme doit donc lutter contre cela pour éprouver à nouveau du désir. La perte de désir peut également venir d’une mauvaise image d’elle-même.”
L’orgasme est-il toujours l’objectif ultime à atteindre ?
“Chez les hommes, la performance et l’atteinte de l’orgasme sont toujours aussi importants. Chez les femmes aussi mais pas de manière permanente. Et si on n’atteint pas un certain paroxysme, on veut améliorer les choses, d’où la consultation. Cette idée de devoir être performant est encore bien ancrée dans les mœurs, notamment à cause des films pornographiques qui donnent une possibilité de comparaison, imposent une normalité, un schéma qu’il faut absolument suivre. Or, la réalité est totalement différente d’un film et, dans la sexualité, il n’y a pas de normalité.”
Interview > Caroline Boeur

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