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04/08/2009

La panne d’érection et les médicaments


 

Aujourd’hui, les hommes consultent plus facilement lors de troubles érectiles, car ils savent que des médicaments peuvent les aider à retrouver une sexualité épanouie. Ils nous confient ce que le traitement a changé dans leur vie sexuelle. (Source: fugues.ca)

 

Avant le Viagra, les hommes parlaient de leurs problèmes à voix basse et un peu gênés, mais la médiatisation de ce médicament a contribué à libérer la parole masculine sur les troubles érectiles. Ce problème concernerait près du quart des Canadiens, selon une étude réalisée en 2002 par l’industrie pharmaceutique. Avec l’arrivée de ces nouveaux traitements, la sexualité est passée de la sphère intime à un domaine médicalisé. Aujourd’hui, des hommes de tous âges consultent pour des troubles de l’érection, même des jeunes de 20 ans! Auparavant, seuls les hommes réellement âgés franchissaient ce pas.
Cependant, cette démarche est encore loin d’être généralisée. Puisque seuls 20 % des hommes concernés par des troubles érectiles consulteraient un médecin. Les nouveaux concurrents du Viagra, comme le Levitra ou le Cyalis, vont peut-être faire évoluer les choses. Très proches chimiquement de leur prédécesseur, leur action est toutefois plus ciblée. L’érection apparaît plus rapidement, elle dure plus longtemps et elle est exempte de certains effets secondaires occasionnés par le Viagra, comme les rougeurs au visage.
L’apparition de ces nouveaux produits a surtout pour avantage de banaliser le traitement. Si de nombreux médicaments existent, pourquoi les hommes resteraient-ils avec leur trouble érectile ?

Pas si simple de prendre un comprimé
Cependant, même si ces médicaments rétablissent l’érection, le trouble du patient reste parfois entier. Certains hommes, d’abord heureux de retrouver leur érection, se dévalorisent par la suite. Ils ont honte de devoir utiliser un comprimé pour prouver leur virilité. En perdant leur érection spontanée, ils croient perdre leur masculinité. Et ils imaginent toujours que leurs partenaires pensent de même.
L’angoisse liée à l’érection crée souvent chez les hommes un état psychique qui rend ces médicaments inefficaces. Ainsi, un mauvais réflexe consiste à les prendre juste pour les essayer. La relation sexuelle n’est alors plus basée sur le désir, mais sur le besoin de tester l’effet du médicament sur l’érection. Ces hommes se mettent en situation d’angoisse et de pression. Le médicament peut ne pas agir dans ces conditions.
Parmi les jeunes, au contraire, ce médicament est bien admis. Presque trop aux dires de certains médecins. À 18 ans, les problèmes sexuels sont généralement psychologiques. Mais certains jeunes hommes demandent une prescription au moindre petit problème érectile. Le rapport sexuel presse-bouton et la réponse médicamenteuse automatique constituent une fuite de responsabilité dont leur future vie sexuelle pourrait pâtir.

L’inquiétude : être dépendant du médicament
Pourrais-je m’en passer? Aurai-je de nouveau des érections sans médicaments? Autant de questions que se posent fréquemment les hommes. En effet, la dépendance psychologique envers ce type de médicaments est leur inquiétude majeure.

À l’exception des cas de dysfonctionnement psychologique, le but de ces prescriptions est toujours de retrouver une sexualité naturelle. La majorité des troubles érectiles sont d’origine psychologique. Or, ces médicaments permettent de casser la spirale de l’échec entraînant l’angoisse, une angoisse qui mène à un nouvel échec… Ils instaurent de nouveau la confiance essentielle au retour d’une érection naturelle.
Cependant, l’arrêt des médicaments n’est pas toujours simple. Lors de rapports sexuels occasionnels, le sevrage est plus difficile. Dans les couples stables, les utilisateurs interrompent plus facilement le traitement, car un échec érectile passager a rarement de graves conséquences sur la relation. La confiance réciproque est le meilleur des sevrages.

Il faut être conscient des risques
À son arrivée sur le marché, à la fin des années 1990, le Viagra était suspecté d’être impliqué dans des dizaines de décès de patients par accidents cardiaques. Certes, beaucoup de ces victimes présentaient déjà une fragilité… peu compatible avec un regain d’activités sexuelles. Il a donc été difficile d’établir la responsabilité précise de ce médicament dans la survenue de ces accidents. Aujourd’hui, le Viagra, comme le Levitra, est prescrit avec prudence aux personnes cardiaques qui doivent être sérieusement examinées par un médecin d’un point de vue cardiovasculaire. Par ailleurs, ces médicaments peuvent provoquer des maux de tête, des rougeurs au visage et aux yeux, des nausées, des vomissements, des réactions cutanées. Et ils ne doivent pas être associés à d’autres médicaments, comme les antirétroviraux, ou les dérivés nitrés (comme les poppers). Enfin, avant d’envisager tout traitement, le médecin doit pratiquer un examen clinique afin de diagnostiquer le trouble de l’érection et d’en déterminer les causes sous-jacentes potentielles.

Drogue récéative?
Difficile d’évaluer l’impact de la tendance, mais dans plusieurs villes américaines, des complrimés de Cialis, de Levitra ou de Viagra seraient utilisés en conjonction avec de l’ecstacy, du GHB ou du crystal, lors de partys et d’événements danse, principalement dans le cadre du circuit party. Un tel usage combiné semble encore marginal à Montréal, mais cette tendance, apparue il y a 3 ans, serait en croissance chez nos voisins américains, s’il faut en croire certains magazines gais. L’usage d’un médicament de type Viagra viendrait contrer l’effet secondaire de la perte d’érection que certaines drogues récréatives provoquent chez certains utilisateurs. Toutefois une telle combinaison augmente les risques d’accidents cardiovasculaires.

Christian, 61 ans
«Je ne veux plus me retrouver face à l’échec»

Christian a consulté un médecin après une panne érectile. Depuis, il s’est habitué à prendre un médicament. «J’ai des érections sans comprimé, mais ce médicament m’en donne systématiquement et plus longtemps. Je préfère cela, même si je dois en prendre tout le reste de ma vie. En cas de panne, je supporterais difficilement d’entendre des réflexions condescendantes à propos des conséquences de l’âge sur la sexualité. À tort ou à raison, tant que je peux avoir des relations sexuelles, je me sens tout simplement homme, quel que soit mon âge.»

Philippe, 41 ans
«J’avais peur de ne plus m’en passer!»

Philippe est en couple depuis 8 ans. Avant la consultation, il avait des érections qu’il ne jugeait pas satisfaisantes. «Si je devais noter mon érection, je me serais donné 6 sur 10», ironise-t-il. Il consulte alors un médecin. «Les effets du médicament sont positifs, mais je préfère souvent m’en passer. Je crains de ne plus être satisfait de mes capacités habituelles, de devenir accro de ces performances. À mon âge, je n’ai pas envie d’entrer dans ce processus de dépendance. Je sais maintenant que ces produits existent, et je les utiliserai quand j’en aurai vraiment besoin», confie prudemment Philippe.

Michel, 55 ans
«J’ai repris confiance en moi»

Michel se fait traiter contre l’hypertension depuis plusieurs années. Ce type de médicament freine l’érection. «Certes, j’avais des érections matinales. Mais, au moment de la pénétration, ou un peu plus tard pendant la relation sexuelle, l’érection s’arrêtait. Au début, je mettais ça sur le compte de la fatigue, comptant sur les vacances pour que tout s’arrange. Aucune amélioration ! J’envisageais souvent d’arrêter mon traitement contre l’hypertension, malgré les risques encourus.» Lors d’une consultation chez son médecin, Michel s’est vu prescrire un médicament contre son problème d’érection. «Ce médicament m’a redonné mes 20 ans ! J’ai trouvé l’antidote au traitement contre l’hypertension que je suis désormais scrupuleusement. Je me sens plus confiant et pas seulement dans le domaine sexuel», se réjouit-il.

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