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30/10/2009

Sexualité débridée chez les drosophiles

Souvent schématisées comme les molécules du désir, les phéromones joueraient en fait un rôle de garde-fou dans le système de reproduction des mouches.

Deux mâles tentant de s’accoupler, l’un essayant d’introduire son pénis dans la tête de l’autre (cf vidéo ci-dessous); un mâle se jetant sur une femelle appartenant à une espèce différente… Les chercheurs du laboratoire de Joel Levine (Université de Toronto), au Canada, ont assisté à des scènes inhabituelles chez les drosophiles. Il faut dire que ces biologistes avaient perturbé la communication amoureuse des mouches en créant des spécimens dépourvus de certaines phéromones.

Ces molécules sont bien connues pour jouer un rôle important dans l’attraction entre animaux. Cependant il en existe un grand nombre et leur rôle n’est pas toujours clair. Pour en savoir plus, Jean-Christophe Billeter, Joel Levine et leurs collègues ont modifié génétiquement des mouches (Drosophila melanogaster) afin qu’elles ne produisent plus les phéromones qui parfument leur cuticule. Ces substances étant soupçonnées de déclencher la parade nuptiale, on aurait pu s’attendre à voir ces mouches sans odeur délaissées.

Or c’est tout le contraire qui s’est passé: les femelles sans phéromones sont devenues irrésistibles. A tel point que même des mouches mâles d’autres espèces ont tenté de les courtiser. Quant aux mâles privés de phéromones, ils sont eux devenus des objets de désir, y compris pour les mâles. De tels comportements n’avaient jamais été observés de façon aussi nette, montrant que les phéromones de la cuticule servent à identifier le sexe et l’espèce d’un individu.

Mieux, les chercheurs de Toronto révèlent qu’une seule phéromone suffit à rétablir la barrière des espèces et à calmer les ardeurs des mâles. Il s’agit d’une phéromone considérée comme un aphrodisiaque chez la drosophile. Or, lorsque cette substance (7, 11-HD) était ajoutée aux mouches dépourvues de phéromones, leur ‘sex appeal’ diminuait et les mâles des autres espèces cessaient de courtiser les femelles D. melanogaster ainsi parfumées. La même phéromone agit comme un élément d’identification et d’attraction, soulignent les chercheurs, dont les travaux sont publiés cette semaine par la revue Nature.

Autant dire que la chimie des phéromones est loin d’être comprise et maîtrisée chez les mouches. Ne parlons même pas des humains, à qui l’on vend pourtant des phéromones au rayon des aphrodisiaques! (Source: Cécile Dumas, Sciences et Avenir.com)

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