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10/12/2009

Son sperme, un don empoisonné

Tout comme le don d’organes, donner son sperme, c’est poser un acte fort. Cela permet à des couples stériles de pouvoir, un jour, devenir parents. Malheureusement, des problèmes peuvent parfois se poser avec le sperme.

C’est ce qui est arrivé à un Américain ayant fait, entre 1990 et 1991, de nombreux dons alors qu’il était porteur, sans le savoir, d’une cardiopathie hypertrophique. Involontairement, il a donc transmis les gènes porteurs de cette maladie à plusieurs enfants.
Pourtant, à l’époque, il avait satisfait aux différents tests effectués sur la présence d’une maladie sexuellement transmissible ou une maladie génétique mortelle comme la mucoviscidose.
Il a fallu 14 ans pour découvrir qu’il était porteur d’une mutation génétique responsable de cardiopathie, après qu’un des 24 enfants nés grâce à sa semence a été diagnostiqué souffrant de cette maladie. Depuis lors, 9 enfants ont été touchés, parmi lesquels l’un est mort à l’âge de deux ans et deux autres présentent un risque accru de mort subite.
Aux États-Unis , les banques de sperme sont des sociétés privées et commerciales. Au contraire de la Belgique ou de la France, le sujet y est très peu réglementé, et le don rétribué. Ces banques ne recherchent pas toutes les mêmes pathologies chez les donneurs.
Le docteur Barry Maron, l’un des auteurs de l’article révélant cette histoire, paru dans le Journal de l’Association médicale américaine, estime d’ailleurs que la question des enfants conçus grâce à ces banques de sperme représente un problème de santé publique dans son pays. Et qu’il doit être davantage pris en compte. Il recommande d’ailleurs une amélioration des tests, très onéreux, effectués.
Et chez nous?
De très nombreux tests sont effectués pour déceler la présence de maladies génétiques. Mais, dans le cas de maladies très rares, il n’est pas toujours possible de mettre la main dessus. Toutes les banques de sperme en Belgique dépendent d’un service de fertilité d’un hôpital ou d’une clinique. Le don est anonyme et gratuit. Quant à la rémunération, on parle plutôt de “dédommagements pour frais exposés” qui couvrent le transport, l’inconfort éventuel ou encore l’absence sur le lieu de travail, et qui s’élèvent généralement à 50 euros.
En 2007, environ 4.700 des 12.384 inséminations intra-utérines (soit 38 %) se sont faites avec le sperme d’un donneur. Environ 10 % des accouchements faisant suite à une insémination sont le fruit d’un don de sperme. Aujourd’hui, ces banques refont appel aux donneurs. (Source: Juan Godbille)

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