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12/12/2010

Les hommes aussi simulent pendant l’amour

Selon une étude récente, un quart des hommes avouent avoir déjà mimé l’orgasme. Principalement pour ne pas blesser leur partenaire…

«Je le fais comme le font les femmes, avec sentiment et emphase.» En 1981 déjà, dans son rapport sur les hommes, la célèbre sexologue Shere Hite récoltait des aveux sincères reflétant une réalité d’alcôve généralement passée sous silence: les hommes aussi simulent au lit. (source: le matin.ch)

La question est toujours taboue. Et pourtant, si on se fie aux conclusions d’une étude américaine publiée dans le numéro du mois de novembre du Journal of Sex Research*, 50% des femmes, mais surtout 25% des hommes admettent qu’il leur est déjà arrivé de simuler un orgasme lors d’un rapport sexuel.

Le chiqué n’a pas de sexe
Non, les râles factices et les spasmes sur commande ne sont pas l’apanage des femmes fatiguées de courir après le plaisir. Celles qui croyaient les hommes incapables de manipuler, car incapables d’escamoter la vérité, peuvent repasser. Le chiqué, l’esbroufe n’a pas de sexe.

«Les hommes sont aussi capables de simuler que les femmes. J’en vois presque tous les jours dans mon cabinet», confirme le sexologue lausannois Mehrez Mabrouk. Même constat chez sa consœur française Catherine Solano: «J’ai réalisé une enquête sur l’orgasme masculin il y a quelques années et j’avais obtenu des chiffres similaires à ceux de l’étude américaine. Un homme ne peut pas simuler le désir, l’érection, mais l’orgasme, oui.»

Le phénomène reste malgré tout plus fréquent chez les femmes, rappelle la sexologue: «Il y a plus de femmes que d’hommes qui disent avoir du mal à atteindre l’orgasme. En moyenne, la femme a un orgasme une fois sur deux lors d’un rapport sexuel et un homme pratiquement à chaque fois. Il y a plus de «déficit» chez la femme, donc plus de simulation.»

Mais même s’ils jouent moins souvent la comédie de la jouissance, les hommes savent très bien grimper aux rideaux pour de faux. «Ça m’est déjà arrivé de simuler parce que je n’étais pas au top. Je n’y arrivais pas et je voulais accélérer l’histoire», raconte un garçon dans le recueil de témoignages «Sea, sex and fun. Les 25-35 ans parlent de leur sexualité» (de Géraldine Adam et Anne Dufour, Editions Leduc.s). «Je lui glissais deux ou trois gémissements plus appuyés…» confesse un autre.

«J’ai déjà entendu des hommes dire: ce n’est pas bien compliqué, on pousse quelques cris, on fait quelques soubresauts et ça y est», raconte pour sa part Catherine Solano. Les hommes sont de très bons acteurs. «D’autant meilleurs que les femmes sont bon public», sourit la sexologue. Celles-ci, en effet, n’y voient souvent que du feu. La plupart disent d’ailleurs ne pas sentir l’éjaculation de leur partenaire. «Les femmes ne s’imaginent souvent pas que les hommes puissent simuler, poursuit Catherine Solano. Mais si le couple utilise le préservatif, à moins d’aller inspecter la poubelle, ça ne se voit pas. Et si la femme a une lubrification importante, elle ne s’en rend pas forcément compte. C’est tout à fait faisable. La preuve: certains le font.»

S’ils simulent, c’est que les hommes, eux aussi, courent parfois sans succès après le plaisir. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil aux statistiques de nos voisins français, très fournies en matière de comportements sexuels. Selon la dernière enquête CSF (Contexte de la Sexualité en France), seuls 47% des hommes affirment toujours parvenir à l’orgasme lors d’un rapport sexuel classique et 3% n’y arrivent jamais.

Dans certains cas, la simulation vient masquer un problème pathologie (éjaculation tardive ou anéjaculation), mais la plupart du temps, le couac est des plus banals. «Je ne simule jamais, prévient Régis. Mais je sais que quand j’ai trop bu, j’ai de la peine à aller jusqu’au bout. Alors je fais plaisir à ma partenaire et après, j’arrête.»

Alcool, cannabis, médicaments peuvent venir gripper la machine. Mais un simple coup de mou aussi. «Il se peut qu’un homme soit un peu fatigué, il a un peu envie, mais son excitation ne monte pas et il n’a pas d’orgasme.» La solution: simuler pour mettre un terme à un rapport qui «s’éternise» à son goût.

Ecourter l’affaire sans blesser sa partenaire, c’est en effet la principale raison mise en avant par les hommes pour justifier le fait qu’ils font semblant, si on en croit les psychologues américains à l’origine de la dernière étude sur la question.

Pour eux, nous sommes prisonniers d’un même scénario idéalisé: tout rapport sexuel doit aboutir à un orgasme des deux partenaires et, en plus, au bon moment. «Dans notre société, nous avons des normes. Si l’on en sort, on le ressent comme un problème», confirme Mehrez Mabrouk.

Voilà pourquoi tant d’amants se mentent. Mais est-ce vraiment si grave, Docteur? «Si on simule, c’est généralement parce qu’on pense que l’autre est incapable de supporter la vérité, note Catherine Solano. Parfois, c’est juste dans notre tête, l’autre est tout à fait capable de comprendre. Parfois non. Alors si c’est occasionnel, autant ne pas en faire tout un plat.» L’amour vaut bien un petit mensonge de temps en temps.(source: le matin.ch)
* Men’s and Women’s Reports of Pretending Orgasm, C. L. Muehlenhard, in Journal of Sex Research, vol. 47

 

 

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