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25/06/2010

La masturbation au secours de l'humanité

L’habileté cognitive à imaginer une scène torride couplée au plaisir solitaire jusqu’à l’atteinte de l’orgasme seraient deux facultés exclusives à l’Homme pour assurer la survie de l’espèce. Un coup de main de l’évolution, dont apparemment l'humain se sert abondamment. C’est du moins le point de vue du psychologue de l’Université de Belfast, Jesse Bering, qui signe un texte dans la dernière livraison du très sérieux Scientific American. Ses observations s’appuient sur les travaux de deux biologistes anglais, Robin Baker et Mark Bellis, publiés en 1993. (source: agence science-presse)

Leur recherche sur la compétition spermatique et les habitudes onanismiques de l’humain continue de faire école. Pour ces spécialistes, la masturbation s’inscrit dans une logique strictement adaptative et évolutive.

Les testicules emmagasinent environ 3 millions de spermatozoïdes par jour. Ceux-ci restent viables de 5 à 7 jours après leur production. La masturbation intervient pour remplacer le sperme vieilli par une relève plus fringante, expliquent les experts. Les nouveaux spermatozoïdes ont ainsi la meilleure chance de survie jusqu’à l’ovule. « Ils sont les plus fertiles en l’absence de compétition (relations monogames) et davantage combatifs en présence de sperme étranger lié aux relations avec des partenaires multiples. »

L’imagination, meilleure que les films pornos
La nature ne nous a pas laissés les mains vides pour autant, rapporte le Scientific American. La capacité d’imaginer des scénarios dévergondés pour stimuler la masturbation reste une caractéristique unique à l’être humain, régénérescence des spermatozoïdes oblige. Les fonctions cognitives nécessaires à la création des fantaisies seraient d’ailleurs une innovation relativement récente, écrit le journaliste Jesse Bering. Et sollicitées profusément, si l’on se fie encore une fois aux travaux des spécialistes anglais Baker et Bellis.

Les étudiants masculins étudiés se sont autosatisfaits jusqu’à l’éjaculation à toutes les 72 heures, notent-ils dans leurs recherches. Dans la majorité des cas, la dernière masturbation avant d'avoir une relation sexuelle avec un partenaire dépasse rarement deux jours. Des statistiques confirmées par la recherche du Dr Alfred Kinsey, un pionnier de la sexualité humaine dans les années 1950. Ses chiffres avaient étonnés à l'époque: 92 pour cent des Américains avaient reconnu se masturber jusqu’à l’orgasme.

Dans une autre étude, les psychologues Harold Leitenberg et Kris Henning de l’Université du Vermont se sont penchés cette fois sur la nature des fantasmes sexuels. Il ressort qu’une majorité d’hommes et de femmes repassent leurs fantasmes en tête durant une séance sexuelle solo autant que dans une relation à deux. Par exemple, se remémorer une séance particulièrement inoubliable, imaginer faire l’amour avec son partenaire actuel ou s’envoyer en l’air avec un inconnu ressortent parmi les images les plus populaires.

Des détails encore plus croustillants sont aussi connus. Une étude a questionné 141 femmes mariées pour connaître leurs fantasmes. Parmi les plus populaires, il y a l’idée d’être dominées ou maîtrisées celle de s'imaginer accomplir un acte interdit ou particulièrement pervers. Les fantaisies préférées des hommes s'attachent particulièrement aux détails visuels et explicites de l’anatomie.(source: agence science-presse)