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23/10/2011

Femmes accros au sexe

On a longtemps laissé entendre que la pornographie, sa consommation, et surtout sa dépendance, était une affaire d'hommes. Comme si les femmes étaient immunisées. Or, les organismes d'aide se rendent désormais compte que, l'accessibilité de l'internet aidant, des femmes non seulement consomment, mais aussi consultent. D'après le Internet Filter Review, qui compile toutes les statistiques web sur la question, 30% des visiteurs de sites pornographiques sont en fait des visiteuses. (source: cyberpress.ca)

Environ 10% des consommateurs se disent aussi «accros». D'après un sondage réalisé en 2006 par l'organisme auprès des consommatrices, 17% d'entre elles confient aussi souffrir de dépendance, un chiffre en hausse constante. À preuve: le site britanique Quit Porn Addiction, le plus grand du genre au Royaume-Uni, ne comptait pas une seule cliente il y a à peine deux ans. Aujourd'hui, rapportait récemment The Guardian, un appel sur trois vient d'une femme. Même constat aux États-Unis, où, selon le Washington Times cette fois, 9,4 millions de femmes consultent des sites «pour adultes» par mois, et 13% avouent également consulter ces sites... au bureau!

Malheureusement, peu d'études sérieuses ont été à ce jour menées sur la question, déplorent de plus en plus les experts. «Pourquoi on ne parle jamais des femmes? La vraie raison, c'est parce qu'il n'y a pas, ou très peu, de recherches qui se font sur la sexualité des femmes, et sur leurs dépendances», dénonçait justement Robert Weiss, le fondateur du Sexual Recovery Institute à Los Angeles, dans la revue Live Science, le mois dernier.

Au Québec, le phénomène demeure sinon embryonnaire, du moins drôlement tabou. De tous les sexologues interrogés, pas un n'a reçu une femme en consultation pour un tel problème de dépendance. «Je n'ai encore jamais eu de confidence à ce sujet», confirme la grande spécialiste de la sexualité des femmes, Jocelyne Robert.

Seul le psychologue Jean-Pierre Rochon, auteur des Accros de l'internet et spécialiste reconnu de ces dépendances, en a déjà vu passer dans son bureau. Et encore. «J'en ai peut-être vu 5 en 30 ans», note-t-il.

Ce qui ne veut pas dire qu'elles n'existent pas. «Des fois, c'est plus difficile pour elles d'en parler, elles ont honte, vivent une culpabilité, des remords, ça vient les chercher», confirme, Michel*, bénévole chez les Sexoliques anonymes, où sur des groupes de 70 hommes, il dit voir un maximum de quatre femmes. «Pourtant notre dépendance est la même: c'est la recherche du plaisir sexuel compulsif, enchaîne-t-il. Comme les alcooliques, on est des ivrognes du sexe. C'est la même affaire. On est dépendant, compulsivement, à la luxure.»

Le psychologue Jean-Pierre Rochon parle à cet effet de «sexolisme». «La pornographie sur l'internet est un moyen de nourrir une dépendance sexuelle», explique-t-il en entrevue. Non, ça n'est pas parce qu'on consomme de la pornographie qu'on est forcément dépendant. «Comme pour l'alcool: on peut en consommer, et puis à un moment donné, basculer dans l'alcoolisme.» Ce qui fait qu'il y a dépendance, poursuit-il, c'est quand il y a répétition, un temps démesuré passé à consommer, et puis évidemment une souffrance. «C'est un trouble obsessif compulsif, finalement.»

Si les femmes qui osent demander de l'aide demeurent marginales ici, aux États-Unis, des groupes de soutien pour femmes ainsi «souffrantes» de leur dépendance au porno ont fait leur apparition, il y a quelques années. Il s'agit, pour la plupart, de groupes religieux. L'organisation Dirty Girls Ministries, fondée par Crystal Renaud, elle-même ex «sex addict», est une des premières du genre à avoir vu le jour, en 2009. Elle réunit des femmes sur le web, pour des rencontres thérapeutiques virtuelles de «désintoxication».(source: cyberpress.ca)

11:22 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : porno, sexe, femme

07/12/2009

La place de la pornographie dans la sexualité

 

«Nous avons cherché à rencontrer des hommes dans la vingtaine qui n'avaient jamais regardé de pornographie et nous n'en avons pas trouvé.» Cette phrase en dit long sur la popularité de la pornographie auprès de la gent masculine, un thème de recherche auquel se consacre Simon Louis Lajeunesse, chercheur postdoctoral et professeur associé à l'École de service social de l'Université de Montréal, selon le site alterheros.

«L'objectif de mes travaux est d'observer l'effet de la pornographie sur la sexualité et sur la construction du genre, masculin ou féminin, en donnant la parole aux hommes qui en font usage, explique le chercheur. Aucune étude ne s'est jamais penchée sur les rapports que ces hommes entretiennent avec le matériel pornographique, comment ils se situent à son égard et comment ils vivent leur sexualité.»

Une sexualité conventionnelle

Le chercheur a procédé par entrevues semi-dirigées réalisées auprès de 20 étudiants hétérosexuels et amateurs de pornographie. La moyenne d'âge des répondants est de 22 ans et, fait à signaler, 18 d'entre eux ont accepté de participer à l'étude parce qu'ils ont été encouragés à le faire par leur compagne ou par une connaissance féminine de leur entourage.

«Ils m'ont raconté leur vie sexuelle à partir de leur premier contact avec la pornographie, soit au début de l'adolescence, et aucun des répondants n'avait de sexualité pathologique; leurs pratiques sexuelles sont même plutôt conventionnelles», affirme Simon Louis Lajeunesse.

À la lumière de ces entrevues, il ressort que 90 % de la consommation de pornographie se fait sur Internet, le reste provenant des «rayons pornos» des clubs vidéo. «Aucun des répondants ne paie pour visionner ce matériel sur Internet; tous se limitent à ce qui est accessible gratuitement», indique le chercheur. À ses yeux, cela démontre que ces consommateurs n'accordent que peu d'importance à cette activité.

En moyenne, les célibataires se livrent à trois séances de visionnement de 42 minutes de pornographie par semaine. Ceux qui sont en couple (14) s'y adonnent deux fois moins, soit 1,7 séance de 27 minutes ine fois par semaine. Mais le visionnement en couple demeure exceptionnel; les jeunes hommes qui ont une compagne visionnent ce matériel presque toujours en solitaire et à l'insu de leur partenaire.

Tout en se gardant d'universaliser ce type de statistiques, Simon Louis Lajeunesse dégage néanmoins un patron de relation entre l'amateur de pornographie et son produit. «La relation est dynamique, interactive et diachronique», affirme-t-il. Dynamique et interactive au sens où les hommes vont y puiser du contenu répondant à l'image qu'ils ont déjà de la sexualité: «Le script ou fantasme est déjà en place à l'âge de 10 ans et ce n'est pas la pornographie qui le crée, dit-il. Au début de l'adolescence, les garçons sont très curieux sexuellement et sont contents d'accéder à ce matériel pour apprendre comment ça se passe. Mais ils laissent de côté ce qui ne leur plait pas ou ce qui les dégoute. Ils choisissent donc ce qu'ils regardent et il n'y a pas de victimes involontaires chez les usagers.»

L'exposition à ce matériel les amène par ailleurs à préciser ou à découvrir certains aspects de leurs propres désirs et à modifier leurs préférences de consommation. La relation est aussi diachronique, c'est-à-dire que l'effet du matériel n'est pas toujours le même et varie selon l'âge et le vécu de la personne.

Pas de modification de sa sexualité

Les répondants se sont dits dégoutés notamment par les scènes de violence, de zoophilie et de «gang bang», où plusieurs hommes éjaculent sur une femme. Mais les pornophiles ne visionnent pas les films comme s'ils étaient au cinéma; ils font défiler en accéléré les scènes qui ne les intéressent pas ou qui les rebutent et créent bien souvent leurs propres montages d'extraits choisis. «On ne peut donc pas prétendre que parce qu'un film présente un certain nombre de scènes de violence l'usager est par le fait même exposé à autant de minutes de violence», estime le chercheur.

Les répondants se disent par ailleurs tout à fait d'accord avec le principe de l'égalité entre hommes et femmes, mais se sentent victimes d'un discours féministe antipornographique et culpabilisant. «La pornographie n'a pas modifié leur perception de la femme ni leurs rapports de couple, qu'ils veulent harmonieux et épanouissants. Ceux qui ont proposé à leur compagne des pratiques qu'elle a refusées ont tout simplement mis leur fantaisie de côté. Le fantasme “se casse dans le réel” et ces hommes ne souhaitent pas que leur partenaire ressemble à une actrice porno.»

Et pourquoi s'adonnent-ils à ces visionnements solitaires? «La pornographie est un adjuvant à la masturbation, qui est une façon de prendre soin de soi, d'avoir une relation sexuelle avec soi-même et de nourrir son imaginaire, répond Simon Louis Lajeunesse. Et cet imaginaire n'est pas transféré dans la vraie vie.»

Le chercheur réfute donc l'effet pervers que plusieurs attribuent à ce matériel. «Les agresseurs n'ont pas besoin de pornographie pour être violents, les accros pourraient être accros à autre chose, comme la drogue, l'alcool ou le jeu, et les cas asociaux relèvent de la pathologie. Si la pornographie avait l'effet qu'on lui attribue, il suffirait de présenter des films d'hétérosexuels à un homosexuel pour changer son orientation.»

L'effet de la pornographie sur les jeunes hommes serait donc bien moins nocif que celui des rayons gammas sur les vieux garçons!

Cette recherche postdoctorale a bénéficié d'une subvention du Centre de recherche interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes (CRI-VIFF). (Source: alterheros)

14:52 Publié dans sexe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : porno, sexe, santé